<?xml version="1.0" encoding="UTF-8"?>
<!DOCTYPE article PUBLIC "-//NLM//DTD JATS (Z39.96) Journal Publishing DTD v1.1 20120330//EN" "http://jats.nlm.nih.gov/publishing/1.1/JATS-journalpublishing1.dtd">
<!--<?xml-stylesheet type="text/xsl" href="article.xsl"?>-->
<article article-type="review-article" dtd-version="1.1" xml:lang="fr" xmlns:mml="http://www.w3.org/1998/Math/MathML" xmlns:xlink="http://www.w3.org/1999/xlink" xmlns:xsi="http://www.w3.org/2001/XMLSchema-instance">
<front>
<journal-meta>
<journal-id journal-id-type="issn">2515-2076</journal-id>
<journal-title-group>
<journal-title>Le foucaldien</journal-title>
</journal-title-group>
<issn pub-type="epub">2515-2076</issn>
<publisher>
<publisher-name>Open Library of Humanities</publisher-name>
</publisher>
</journal-meta>
<article-meta>
<article-id pub-id-type="doi">10.16995/lefou.58</article-id>
<article-categories>
<subj-group>
<subject>Review</subject>
</subj-group>
</article-categories>
<title-group>
<article-title>Au sujet de l&#39;&#233;dition de Michel Foucault, <italic>Le courage de la v&#233;rit&#233;</italic>. Quelques remarques du traducteur hongrois</article-title>
</title-group>
<contrib-group>
<contrib contrib-type="author">
<name>
<surname>Cseke</surname>
<given-names>&#193;kos</given-names>
</name>
<email>csekeakos@yahoo.fr</email>
<xref ref-type="aff" rid="aff-1">1</xref>
</contrib>
</contrib-group>
<aff id="aff-1"><label>1</label>P&#225;zm&#225;ny P&#233;ter Catholic University, HU</aff>
<pub-date publication-format="electronic" date-type="pub" iso-8601-date="2019-04-25">
<day>25</day>
<month>04</month>
<year>2019</year>
</pub-date>
<pub-date pub-type="collection">
<year>2019</year>
</pub-date>
<volume>5</volume>
<issue>1</issue>
<elocation-id>2</elocation-id>
<history>
<date date-type="received" iso-8601-date="2019-02-14">
<day>14</day>
<month>02</month>
<year>2019</year>
</date>
<date date-type="accepted" iso-8601-date="2019-04-06">
<day>06</day>
<month>04</month>
<year>2019</year>
</date>
</history>
<permissions>
<copyright-statement>Copyright: &#x00A9; 2019 The Author(s)</copyright-statement>
<copyright-year>2019</copyright-year>
<license license-type="open-access" xlink:href="http://creativecommons.org/licenses/by/4.0/">
<license-p>This is an open-access article distributed under the terms of the Creative Commons Attribution 4.0 International License (CC-BY 4.0), which permits unrestricted use, distribution, and reproduction in any medium, provided the original author and source are credited. See <uri xlink:href="http://creativecommons.org/licenses/by/4.0/">http://creativecommons.org/licenses/by/4.0/</uri>.</license-p>
</license>
</permissions>
<self-uri xlink:href="http://foucaldien.net/articles/10.16995/lefou.58/"/>
<abstract>
<p>This article examines the text edition of the last course that Michel Foucault delivered at the Coll&#232;ge de France before his death in 1984 (<xref ref-type="bibr" rid="B8"><italic>Le courage de la v&#233;rit&#233;</italic>, 2009</xref>). Based on the author&#39;s own translation of Foucault&#39;s lectures into Hungarian, it aims to show and to analyze some technical and philological difficulties, problems and/or questions regarding the French edition of the text as well as their reappearance in the English, German and Italian translation of <italic>Le courage de la v&#233;rit&#233;</italic>.</p>
</abstract>
<kwd-group>
<kwd>foucault</kwd>
<kwd>gros</kwd>
<kwd>the courage of the truth</kwd>
<kwd>translation</kwd>
<kwd>text edition</kwd>
</kwd-group>
</article-meta>
</front>
<body>
<sec>
<title>1. Introduction</title>
<p>Traduire, c&#39;est lire avec une attention particuli&#232;re. Et lire avec une attention particuli&#232;re, c&#39;est non seulement une fa&#231;on de conna&#238;tre &#8211; ou du moins de souhaiter toujours mieux conna&#238;tre &#8211; un texte et sa port&#233;e philosophique, mais c&#39;est aussi d&#233;couvrir et appr&#233;cier l&#39;&#233;dition scientifique dudit texte et les diverses difficult&#233;s pos&#233;es par celle-ci. Tout r&#233;cemment, &#224; la demande de la prestigieuse maison d&#39;&#233;dition hongroise, &#34;Atlantisz&#34;, j&#39;ai traduit en hongrois le dernier cours donn&#233; par Michel Foucault au Coll&#232;ge de France, intitul&#233; <italic>Le courage de la v&#233;rit&#233;</italic>.<xref ref-type="fn" rid="n1">1</xref> Au cours de ce travail consid&#233;rable, je me suis pos&#233; un grand nombre de questions, j&#39;ai, en particulier, pris des notes au sujet de l&#39;&#233;dition r&#233;alis&#233;e par Fr&#233;d&#233;ric Gros. Pour la plupart, il ne s&#39;agissait pas de remarques d&#39;ordre philosophique, mais de questions techniques dont on sait qu&#39;elles surgissent tout naturellement lors d&#39;un travail de traduction: de fait, il m&#39;a paru indispensable d&#39;effectuer un certain nombre de corrections et de pr&#233;cisions sur le texte &#233;dit&#233; par F. Gros avant m&#234;me d&#39;envisager sa traduction.</p>
<p>Ce qui va suivre, il faut le souligner, n&#39;est pas une critique du travail de Monsieur Gros, fin connaisseur de Foucault, &#233;diteur d&#39;autres textes importants du philosophe, notamment, entre autres, <italic>Le gouvernement de soi et des autres I. Cours au Coll&#232;ge de France, 1982&#8211;1983</italic>,<xref ref-type="fn" rid="n2">2</xref> ou, derni&#232;rement, <italic>L&#39;histoire de la sexualit&#233; tome IV, Les aveux de la chair</italic>,<xref ref-type="fn" rid="n3">3</xref> et, pour ainsi dire, ma&#238;tre de tous ceux qui travaillent actuellement sur &#34;le dernier Foucault&#34;. Un proverbe hongrois dit qu&#39;on ne peut faire d&#39;erreur que lorsqu&#39;on se met au travail; de toute &#233;vidence, &#233;diter <italic>Le courage de la v&#233;rit&#233;</italic> fut un &#233;norme travail. C&#39;est pourquoi l&#39;&#233;dition de F. Gros peut &#234;tre consid&#233;r&#233;e comme une r&#233;ussite au niveau international. Si je propose, dans ce qui suit, une sorte d&#39; &#34;inventaire des points probl&#233;matiques&#34; li&#233;s &#224; cette &#233;dition &#8211; il vaut mieux &#233;viter le terme d&#39;&#34;erreurs&#34;, car, dans la plupart des cas, il ne s&#39;agit pas d&#39;erreurs manifestes, marquant l&#39;&#233;dition du texte lui-m&#234;me, mais bien plut&#244;t de probl&#232;mes techniques mineurs qui, me semble-t-il, m&#233;ritent tout de m&#234;me d&#39;&#234;tre signal&#233;s &#8211;, c&#39;est dans le but de faciliter le travail &#224; venir des prochains traducteurs et, en toute hypoth&#232;se, d&#39;apporter ma contribution &#224; une &#233;ventuelle r&#233;&#233;dition du <italic>Courage de la v&#233;rit&#233;</italic>, si celle-ci voit le jour.</p>
<p>Je vais commencer par les points probl&#233;matiques situ&#233;s dans l&#39;&#34;Avertissement&#34; (&#233;crit par Fran&#231;ois Ewald et Alessandro Fontana), ensuite je passerai au texte lui-m&#234;me, celui du cours de 1984, pour finir avec le &#34;Contexte&#34; r&#233;dig&#233; par Fr&#233;d&#233;ric Gros. J&#39;ajoute que je ferai parfois r&#233;f&#233;rence aux traductions anglaise, allemande et italienne du <italic>Courage de la v&#233;rit&#233;</italic>.<xref ref-type="fn" rid="n4">4</xref> Je n&#39;ignore pas que mes remarques s&#39;adressent essentiellement &#224; ceux qui traduisent ou peut-&#234;tre traduiront le texte et que la plupart des lecteurs peuvent, quant &#224; eux, les ignorer sans aucun dommage. Pourtant, si l&#39;on prend en main les diverses traductions existantes &#224; ce jour du <italic>Courage de la v&#233;rit&#233;</italic>, on ne tarde pas &#224; constater qu&#39;il s&#39;agit de probl&#232;mes importants et parfois m&#234;me passionnants. N&#39;est-il pas stimulant de voir plusieurs traducteurs traduire un m&#234;me passage de diverses mani&#232;res, ou encore d&#39;en lire trois versions en tous points identiques et n&#233;anmoins toutes les trois &#233;galement inad&#233;quates ?</p>
</sec>
<sec>
<title>2. &#34;Avertissement&#34;</title>
<p>S&#39;il y a, dans <italic>Le courage de la v&#233;rit&#233;</italic>, une partie que la plupart des lecteurs ont probablement tendance &#224; n&#233;gliger, c&#39;est l&#39;&#34;Avertissement&#34; qui, depuis 1997,<xref ref-type="fn" rid="n5">5</xref> tient lieu d&#39;introduction g&#233;n&#233;rale au d&#233;but de toutes les &#233;ditions des cours de Michel Foucault au Coll&#232;ge de France. Celui qui, en l&#39;occurrence, se trouve en t&#234;te de l&#39;&#233;dition scientifique du <italic>Courage de la v&#233;rit&#233;</italic> pose pourtant un certain nombre de probl&#232;mes.</p>
<p>Premi&#232;rement, si l&#39;on s&#39;en tient au texte lui-m&#234;me, il est difficile de pr&#233;ciser le nombre de cours &#8211; d&#39;heures ou de le&#231;ons &#8211; effectivement donn&#233;s chaque ann&#233;e par Foucault en tant que professeur au Coll&#232;ge de France. &#192; la page VII, il est pr&#233;cis&#233; que &#34;les professeurs ont l&#39;obligation de d&#233;livrer vingt-six heures d&#39;enseignement par an&#34;, par contre, &#224; la page VIII, nous lisons &#8211; il s&#39;agit des pr&#233;cisions d&#39;un journaliste du <italic>Nouvel Observateur</italic>, G&#233;rard Petitjean &#8211; que &#34;Foucault a douze heures par an pour expliquer, en cours public, le sens de sa recherche&#34; (&#34;douze heures&#34; signifie ici, tr&#232;s probablement, douze cours, c&#39;est-&#224;-dire vingt-quatre le&#231;ons). Cette diff&#233;rence peut para&#238;tre de second ordre, mais elle est &#224; m&#234;me d&#39;introduire une certaine confusion dans l&#39;esprit du lecteur &#8211; par exemple hongrois &#8211; qui conna&#238;t peu l&#39;organisation du Coll&#232;ge de France, surtout si nous savons que <italic>Le courage de la v&#233;rit&#233;</italic> ne contient que neuf cours, c&#39;est-&#224;-dire dix-huit le&#231;ons. On pourrait penser que leur nombre a diminu&#233; en raison de la maladie de Foucault (dont il parle au d&#233;but de son cours),<xref ref-type="fn" rid="n6">6</xref> mais il s&#39;av&#232;re que cette explication est insuffisante: il suffit de penser &#224; l&#39;&#233;dition du cours de l&#39;ann&#233;e pr&#233;c&#233;dente, celui de 1983, qui ne contient que dix cours, c&#39;est-&#224;-dire un total de vingt le&#231;ons.</p>
<p>Deuxi&#232;mement, &#224; propos des r&#233;sum&#233;s de cours, on lit que &#34;Michel Foucault les r&#233;digeait g&#233;n&#233;ralement au mois de juin, quelque temps donc avant la fin du cours&#34; (CV, p. X),<xref ref-type="fn" rid="n7">7</xref> tandis que nous savons que la r&#233;daction de ces textes se faisait en g&#233;n&#233;ral <italic>apr&#232;s</italic> la fin du cours (en ce qui concerne l&#39;ann&#233;e 1984, Foucault a commenc&#233; son cours au d&#233;but du mois de f&#233;vrier et l&#39;a fini le 28 mars; selon la &#34;Chronologie&#34; de Daniel Defert, il a &#233;t&#233; hospitalis&#233; le 3 juin et il est mort le 25 juin 1984).<xref ref-type="fn" rid="n8">8</xref> Le traducteur allemand corrige le texte fran&#231;ais sans h&#233;sitation et sans commentaire (&#34;einige Zeit nach Beendigung der Vorlesung&#34;, MW, p. 11), tout comme le traducteur italien (&#34;qualche tempo dopo la fine del corso&#34;, COV, p. 10). La traduction anglaise ne se contente pas de corriger le texte fran&#231;ais (&#34;some time after the end of the course&#34; CT, p. XIV), mais elle tient &#233;galement &#224; signaler que le lecteur ne trouvera pas un tel r&#233;sum&#233; dans l&#39;&#233;dition des deux derniers cours (&#34;There are, however, no summaries for the lectures given in 1983 and 1984&#34;, CT, p. XIV). Or, dans la version originelle fran&#231;aise, l&#39;&#34;Avertissement&#34; ne dit pas mot de cette absence.</p>
<p>On sait que l&#39; &#34;Avertissement&#34; n&#39;est pas l&#39;&#339;uvre de F. Gros lui-m&#234;me, il l&#39;a repris tel quel. Cependant, il convient de signaler que d&#39;autres &#233;diteurs scientifiques ont opt&#233; pour une formule appropri&#233;e. Dans l&#39;&#34;Avertissement&#34; de <italic>Subjectivit&#233; et v&#233;rit&#233;</italic>, &#233;dit&#233; par Michel Senellart, nous lisons par exemple, &#224; propos des r&#233;sum&#233;s: &#34;Michel Foucault les r&#233;digeait g&#233;n&#233;ralement au mois de juin, quelque temps donc apr&#232;s la fin du cours&#34;.<xref ref-type="fn" rid="n9">9</xref> Il est int&#233;ressant de noter que dans le volume qui inaugure l&#39;&#233;dition des cours de Michel Foucault au Coll&#232;ge de France, publi&#233; en 1997, on peut lire la m&#234;me formulation, adopt&#233;e par Senellart et qui para&#238;t convenir &#224; la plupart des cours de Foucault: &#34;quelque temps donc apr&#232;s la fin du cours&#34;.<xref ref-type="fn" rid="n10">10</xref></p>
<p>Derni&#232;re remarque &#224; propos de l&#39;&#34;Avertissement&#34;: par rapport aux points de suspension ins&#233;r&#233;s dans la transcription du cours, on lit qu&#39;ils &#34;signalent que l&#39;enseignement est inaudible&#34; (CV, p. X). Or, consid&#233;rant que cette remarque se trouve d&#233;j&#224; en t&#234;te de l&#39;&#233;dition du <italic>Courage de la v&#233;rit&#233;</italic>, il ne m&#39;a pas sembl&#233; n&#233;cessaire de la r&#233;p&#233;ter syst&#233;matiquement au sein m&#234;me du texte par des notes en bas de page. Pourtant, aux pages 116, 118, 124, 127 et 132&#8211;133, nous lisons effectivement les remarques suivantes &#224; propos des points de suspensions: &#34;D&#233;but de phrase inaudible&#34;, &#34;Ici, quelques mots inaudibles&#34;, &#34;La fin de la phrase est inaudible&#34;, &#34;Passage inaudible&#34; ou encore &#34;Fin de phrase inaudible&#34;.</p>
</sec>
<sec>
<title>3. L&#39;&#233;dition du texte</title>
<p>En ce qui concerne les points probl&#233;matiques li&#233;s &#224; la transcription et &#224; l&#39;interpr&#233;tation du texte de Foucault, je voudrais en &#233;num&#233;rer six.</p>
<p>Premi&#232;rement, &#224; propos de l&#39;&#233;tymologie du mot <italic>epimeleia</italic>, Foucault fait r&#233;f&#233;rence &#224; un terme latin qui serait &#34;camere&#34;: &#34;En latin, il y a le verbe <italic>camere</italic> qui veut dire &#234;tre chaud&#34; (CV, p. 110). Le verbe latin en question, bien &#233;videmment, n&#39;est pas &#34;camere&#34;, mais &#34;calere&#34;. Il est int&#233;ressant de noter que seul le traducteur italien a corrig&#233; l&#39;inexactitude (COV, p. 121): dans les traductions allemande et anglaise, on retrouve la forme erron&#233;e de &#34;camere&#34; (MW, p. 159; CT, p. 118).</p>
<p>Deuxi&#232;mement, &#224; la page 272, au sujet de l&#39;interpr&#233;tation sto&#239;cienne du philosophe cynique chez Epict&#232;te, nous lisons: &#34;Il est absolument clair que c&#39;est bien l&#39;id&#233;al de la vie non dissimul&#233;e qu&#39;on retrouve l&#224;, avec, premi&#232;rement, cette mutation, cet infl&#233;chissement proprement sto&#239;cien: le principe de la vie dissimul&#233;e est articul&#233; directement, non pas sur <italic>l&#39;anaideia</italic> (l&#39;impudeur), mais au contraire sur <italic>l&#39;aid&#244;s</italic> (la pudeur)&#34;. J&#39;ai l&#39;impression que la forme convenable, apr&#232;s les deux points, est &#34;le principe de la vie non dissimul&#233;e&#34;. Dans la premi&#232;re partie de la phrase, Foucault parle de &#34;l&#39;id&#233;al de la vie non dissimul&#233;e&#34;, et dit qu&#39;on s&#39;aper&#231;oit d&#39;un certain infl&#233;chissement de cet id&#233;al; et c&#39;est toujours, me para&#238;t-il, &#224; propos de cette vie non dissimul&#233;e qu&#39;il dit que son principe est articul&#233; sur la pudeur. En effet, la phrase suivante fait r&#233;f&#233;rence, elle aussi, &#224; cette vie non dissimul&#233;e: &#34;C&#39;est-&#224;-dire que la vie non dissimul&#233;e est restitu&#233;e ici par Epict&#232;te dans son sens traditionnel&#34;. Les traducteurs ne sont pas d&#39;accord sur ce point: les traducteurs allemand et italien ont suivi le texte de l&#39;&#233;dition fran&#231;aise,<xref ref-type="fn" rid="n11">11</xref> tandis que le traducteur anglais l&#39;a corrig&#233;: &#34;the principle of the unconcealed life is immediately connected, not to <italic>anaideia</italic> (shamelessness), but rather to <italic>aidos</italic> (modesty)&#34; (CT, p. 297).</p>
<p>Troisi&#232;mement, l&#39;&#233;diteur n&#39;a pas pens&#233; &#224; unifier la transcription du mot Dieu/dieu. Il est bien possible qu&#39;il ait suivi, en l&#39;esp&#232;ce, les notes et les brouillons que Foucault a utilis&#233;s pour son cours, mais il n&#39;en dit pas mot, et il est difficile de deviner selon quel principe on lit, dans le texte &#233;dit&#233;, tant&#244;t &#34;dieu&#34;, tant&#244;t &#34;Dieu&#34;. On pourrait penser que c&#39;est le Dieu chr&#233;tien qui s&#39;&#233;crit avec une majuscule, tandis que le dieu des philosophes anciens est &#233;crit avec une minuscule, mais ce n&#39;est pas le cas. Si le Dieu chr&#233;tien est tr&#232;s souvent transcrit par &#34;Dieu&#34;, on trouve aussi la m&#234;me transcription lorsqu&#39;il s&#39;agit par exemple des philosophes cyniques: &#34;Epict&#232;te fait &#224; ce sujet une prosopop&#233;e de Dieu, lui pr&#234;tant le discours suivant&#34; (CV, p. 269); &#34;La vie cynique est une vie pour laquelle on doit &#234;tre d&#233;sign&#233; par Dieu&#34; (CV, p. 269); &#34;Si Dieu t&#39;engage dans la voie cynique, ce n&#39;est pas parce qu&#39;il aime voir que tu re&#231;ois des coups&#8230;&#34; (CV, p. 275). De plus, au cours de cette m&#234;me le&#231;on du 21 mars 1984, on trouve &#233;galement la forme &#34;dieux&#34;, toujours &#224; propos des cyniques: &#34;Voil&#224; donc le cynique, au soir de sa vie, restaur&#233;, par-del&#224; sa monarchie cach&#233;e, dans la vraie souverainet&#233; qui est celle des dieux sur le genre humain tout entier&#34; (CV, p. 278). Ce qui peut sembler encore plus &#233;trange, ce sont certaines formules &#233;crites avec une majuscule (surtout parce qu&#39;il ne s&#39;agit pas de citations, mais des propres pens&#233;es de Foucault): &#34;On passe, vous le voyez, de la v&#233;rit&#233;, de la <italic>parr&#234;sia</italic> comme non-dissimulation, &#224; l&#39;id&#233;e d&#39;un rapport o&#249; l&#39;&#226;me est &#233;lev&#233;e jusqu&#39;&#224; Dieu, port&#233; &#224; <italic>Sa</italic> hauteur, mise &#224; <italic>Son</italic> contact, et o&#249; elle peut y trouver <italic>Sa</italic> f&#233;licit&#233; [&#8230;] <italic>Il</italic> dit la v&#233;rit&#233;, mais en tant aussi qu&#39;<italic>Il</italic> se manifeste et manifeste <italic>Son</italic> amour, <italic>Sa</italic> puissance, ou &#233;ventuellement <italic>Sa</italic> col&#232;re&#34; (CV, p. 298, c&#39;est moi qui souligne).</p>
<p>Quatri&#232;mement, &#224; la page 94, on lit la phrase suivante (&#224; propos du dialogue platonicien intitul&#233; <italic>Criton</italic>): &#34;C&#39;est bien au seul dialogue o&#249; l&#39;on voit Criton et Platon en t&#234;te-&#224;-t&#234;te qu&#39;il faut demander la solution de ce probl&#232;me&#34;. Or, il est bien &#233;vident qu&#39;il ne s&#39;agit pas ici de Platon lui-m&#234;me, qui n&#39;appara&#238;t pas dans le <italic>Criton</italic> &#8211; ni dans aucun autre dialogue platonicien &#8211;, mais de Socrate; notons que les traducteurs italien, anglais et allemand suivent le texte original fran&#231;ais.<xref ref-type="fn" rid="n12">12</xref> De m&#234;me, lorsqu&#39;on lit &#34;qu&#39;on voit bien, dans d&#39;autres dialogues de Socrate, des gens, des adultes qui discutent&#34; (CV, p. 114), on est tent&#233; de pr&#233;ciser que la coutume est de parler des &#34;dialogues de Platon&#34; ou encore des &#34;dialogues socratiques&#34;, et non des &#34;dialogues de Socrate&#34;; Foucault a peut-&#234;tre confondu ici Platon et Socrate. D&#39;ailleurs, si l&#39;on s&#39;en tient au paragraphe dans lequel figure la formule cit&#233;e (&#224; la page 114), on s&#39;aper&#231;oit sans retard que le mot &#34;dialogue&#34; signifie toujours, dans ce contexte, l&#39;&#339;uvre de Platon. C&#39;est pourquoi les traducteurs du texte ont opt&#233; pour la formule suivante: &#34;in other Socratic dialogues&#34;, (CT, p. 123), &#34;in anderen sokratischen Dialogen&#34; (MW, p. 166), &#34;in altri dialoghi socratici&#34; (COV, p. 126). Et cela semble &#234;tre une bonne solution, car, au lieu de substituer, dans la traduction, au nom de Socrate celui de Platon, les traducteurs gardent le nom de Socrate tout en pla&#231;ant ce dernier dans un contexte qui semble &#234;tre plus conforme &#224; l&#39;intention de Foucault lui-m&#234;me (&#34;dialogues socratiques&#34;).</p>
<p>Cinqui&#232;mement, Foucault &#233;voque, dans <italic>Le courage de la v&#233;rit&#233;</italic>, tant&#244;t H&#233;racl&#232;s (CV, pp. 186, 192 et 258), tant&#244;t Hercule (CV, p. 222); parfois dans le m&#234;me paragraphe se trouvent l&#39;un et l&#39;autre: &#34;Et lorsque H&#233;racl&#232;s vient d&#233;livrer Prom&#233;th&#233;e, cela ne veut pas dire qu&#39;il a lib&#233;r&#233; ce sophiste pour qu&#39;il puisse continuer toutes les mauvaises actions et exercer sa mauvaise influence sur l&#39;humanit&#233;. Si Hercule a lib&#233;r&#233; Prom&#233;th&#233;e&#8230; etc&#34; (CV, p. 260). Je me demande s&#39;il n&#39;aurait pas &#233;t&#233; opportun d&#39;unifier le nom du h&#233;ros antique (ce que j&#39;ai fait pour la traduction hongroise, tout comme le traducteur italien).<xref ref-type="fn" rid="n13">13</xref></p>
<p>Finalement, &#224; la page 123, il y a, me semble-t-il, tension entre le manuscrit de Foucault cit&#233; par l&#39;&#233;diteur et l&#39;interpr&#233;tation que ce dernier en donne. En effet, Foucault dit: &#34;C&#39;est un point important dans l&#39;histoire de la morale ancienne que ce jeu entre la n&#233;cessit&#233; d&#39;une direction par laquelle le ma&#238;tre ou le p&#232;re gouverne l&#39;&#226;me et la conduite des autres, et le principe d&#39;une autonomie et souverainet&#233; de soi sur soi qui est le couronnement de cet effort et de ce travail, de cette <italic>ask&#234;sis</italic> par laquelle on s&#39;occupe soi-m&#234;me de soi-m&#234;me&#34;. Pour commenter ce texte, Fr&#233;d&#233;ric Gros &#233;voque une &#34;relation d&#39;exclusion&#34; entre &#34;&#39;faire ce qu&#39;on veut&#39; et &#39;s&#39;occuper de soi-m&#234;me&#39;&#34;. J&#39;ai eu des difficult&#233;s &#224; traduire ces lignes, car il m&#39;a sembl&#233; que le &#34;jeu&#34; entre la n&#233;cessit&#233; d&#39;une direction de l&#39;&#226;me et le principe d&#39;autonomie dont parle Foucault n&#39;est pas identique &#224; une &#34;relation d&#39;exclusion&#34; entre les deux.<xref ref-type="fn" rid="n14">14</xref></p>
</sec>
<sec>
<title>4. Les notes</title>
<p>En ce qui concerne les r&#233;f&#233;rences et les notes de F. Gros, on peut remarquer que &#8211; m&#234;me si la plupart de ses r&#233;f&#233;rences sont justes et tr&#232;s utiles &#8211; elles posent parfois probl&#232;me. On peut distinguer (1) des r&#233;f&#233;rences erron&#233;es, au sens o&#249; le texte signal&#233; n&#39;est pas exactement celui que Foucault lui-m&#234;me a cit&#233; &#8211; ce sont des inconv&#233;nients d&#39;ordre technique dont l&#39;importance est mineure; (2) des commentaires qui ne semblent pas suffisamment fond&#233;s; (3) des r&#233;f&#233;rences mal plac&#233;es; (4) des r&#233;f&#233;rences manquantes.</p>
<p>&#192; propos de la notion d&#39;<italic>al&#233;thurgie</italic>, l&#39;&#233;diteur remarque (CV, p. 20, note nr. 3. Cf. COV, note nr. 3 p. 30, MW, note nr. 3, p. 38, CT, note nr. 3, p. 20) qu&#39;elle provient du cours intitul&#233; <italic>Du gouvernement des vivants</italic>, et cite &#224; cet effet un texte de la le&#231;on du 23 janvier 1980, alors qu&#39;en r&#233;alit&#233; le texte cit&#233; provient de la le&#231;on du 9 janvier.<xref ref-type="fn" rid="n15">15</xref> La m&#234;me confusion se produit lors d&#39;une citation de D&#233;mosth&#232;ne ou &#8211; plusieurs fois &#8211; de Platon.<xref ref-type="fn" rid="n16">16</xref> La r&#233;f&#233;rence nr. 4, &#224; la page 129, devrait renvoyer non pas &#224; <italic>Lach&#232;s</italic> 21c&#8211;21e, mais bien &#224; l&#39;<italic>Apologie de Socrate</italic> 21c&#8211;21e.</p>
<p>Parfois c&#39;est la correction de l&#39;&#233;diteur qui s&#39;av&#232;re &#234;tre probl&#233;matique. Regardons d&#39;abord le texte de Foucault: &#34;Petit d&#233;tail encore sur ce probl&#232;me du souci de soi: dans les derni&#232;res lignes du <italic>Ph&#233;don</italic>, il y a ce passage ou les disciples de Socrate demandent aussi: Que veux-tu que nous fassions pour ton enterrement? Et il r&#233;pond en allant prendre lui-m&#234;me un bain, pour que les femmes, apr&#232;s sa mort, ne soient oblig&#233;es de laver son corps. Il prend soin de lui-m&#234;me, et m&#234;me de son corps&#34; (CV, p. 103). La note nr. 45 de l&#39;&#233;dition ajoute: &#34;Dans le texte, les choses se passent en fait en sens inverse: Socrate commence par aller prendre un bain (&#39;que je ne donne pas aux femmes la peine de laver un mort&#39;, Platon <italic>Ph&#233;don</italic>, 115a, trad. P. Vicaire, p. 105)&#34; (CV, p. 107). Il est vrai que, dans le texte de Platon, la question de Criton (115b: &#34;Que veux-tu que nous fassions pour ton enterrement?&#34;) se trouve apr&#232;s la d&#233;cision de Socrate d&#39;aller prendre un bain (115a). Pourtant, Foucault, me semble-t-il, n&#39;a pas tort, car il peut faire r&#233;f&#233;rence &#224; la phrase qui se trouve apr&#232;s la question de Criton, &#224; la fin de 115b, o&#249; Socrate dit: &#34;Quand il eut dit cela, il se leva et passa dans une autre pi&#232;ce pour prendre son bain&#34;. On ne peut pas dire que Socrate &#34;commence par aller prendre un bain&#34;: d&#39;abord il parle de son d&#233;sir d&#39;aller prendre un bain et explique la raison pour laquelle il va se baigner, ensuite Criton pose sa question et alors Socrate y r&#233;pond, premi&#232;rement, par des paroles (adress&#233;es soit &#224; Criton, soit &#224; ses autres amis), deuxi&#232;mement, par l&#39;acte de se lever et d&#39;aller effectivement prendre un bain (m&#234;me s&#39;il explique son acte plus t&#244;t et en quelque sorte ind&#233;pendamment de la question de Criton, dans 115a). &#192; la question de Criton, il r&#233;pond donc en se levant et &#34;en allant prendre lui-m&#234;me son bain&#34;. En effet, avant la question de Criton, il ne va nul part: il ne fait qu&#39;exprimer son d&#233;sir d&#39;aller prendre un bain.<xref ref-type="fn" rid="n17">17</xref></p>
<p>Occasionnellement, la r&#233;f&#233;rence est mal plac&#233;e ou elle para&#238;t inutile. La note nr. 10, &#224; la page 90, devrait renvoyer &#224; un texte de Nietzsche, mais elle renvoie au texte de la note nr. 9 o&#249; se trouve une r&#233;f&#233;rence &#224; Olympiodore (elle devrait renvoyer &#224; la note nr. 8 o&#249;, effectivement, se trouve une citation de Nietzsche). La r&#233;f&#233;rence au livre de Pierre Aubenque est &#233;galement mal plac&#233;e: la note 40 &#224; la page 82 renvoie &#224; <italic>La prudence chez Aristote</italic>, mais, en r&#233;alit&#233;, cette r&#233;f&#233;rence devrait figurer &#224; la page 79, o&#249; il s&#39;agit de d&#233;crire la notion de <italic>phron&#234;sis</italic>, donc, &#224; mon avis, apr&#232;s la phrase suivante: &#34;Le soi-m&#234;me dans le rapport de soi &#224; soi, le soi-m&#234;me dans ce rapport de veille sur soi-m&#234;me est [premi&#232;rement] d&#233;fini par la <italic>phron&#234;sis</italic>, c&#39;est-&#224;-dire la raison en quelque sorte pratique, la raison en exercice, celle qui permet de prendre les bonnes d&#233;cisions, celle qui permet de chasser les opinions fausses&#34;.<xref ref-type="fn" rid="n18">18</xref> La note nr. 15 &#224; la page 136 semble &#234;tre inutile: en effet, comme il s&#39;agit d&#39;une seule citation (assez longue) du texte de <italic>Lach&#232;s</italic>, elle devrait &#234;tre fondue avec la note nr. 16 de la m&#234;me page.</p>
<p>Il faut signaler aussi que de temps &#224; autre le lecteur &#8211; ou le traducteur &#8211; d&#233;sirant mieux suivre ou comprendre le texte de Foucault attend en vain une r&#233;f&#233;rence qui pourrait l&#39;&#233;clairer. Il n&#39;y a pas de r&#233;f&#233;rence, par exemple, au sujet de l&#39;article de Daniel H. H. Ingalls (CV, p. 241), professeur de sanskrit &#224; l&#39;Universit&#233; de Harvard, d&#233;c&#233;d&#233; en 1999, dont le nom, d&#39;ailleurs, ne figure pas dans l&#39;<italic>Index des noms des personnes</italic>.<xref ref-type="fn" rid="n19">19</xref> Le titre exact de cet article est &#34;Cynics and P&#257;&#347;upatas: The Seeking of Dishonor&#34; (&#34;The Seeking of Dishonor&#34; n&#39;est donc pas son titre, comme l&#39;indique Foucault, mais son sous-titre); de plus, il a &#233;t&#233; publi&#233; non pas dans <italic>Harvard Studies in Classical Philology</italic>, comme le dit Foucault, mais dans <italic>The Harvard Theological Review</italic> (Volume 55, Issue 4, Octobre 1962, pp. 281&#8211;298).</p>
<p>Ensuite, &#224; la page 250, on ne trouve pas de r&#233;f&#233;rence lorsque Foucault cite &#34;un texte de S&#233;n&#232;que&#34; et le met en parall&#232;le avec Epict&#232;te en disant &#34;que le sage est comme ce petit fil rouge sur la toge du s&#233;nateur (le laticlave)&#34;; ce qui aurait &#233;t&#233; fort utile pour le traducteur (m&#234;me s&#39;il ne s&#39;agit pas d&#39;une citation litt&#233;rale du texte ancien, mais d&#39;une paraphrase). De m&#234;me, il n&#39;y a pas de r&#233;f&#233;rence lorsque Epict&#232;te cite et commente l<italic>&#39;Iliade</italic> (CV, p. 274); il para&#238;t qu&#39;il s&#39;agit de <italic>l&#39;Entretiens</italic> III, 22, 108. Quant &#224; l&#39;histoire de l&#39;abb&#233; Th&#233;odore de Pherm&#233; qui se trouve &#224; la page 291 du <italic>Courage de la v&#233;rit&#233;</italic>, l&#39;&#233;dition ne donne pas la r&#233;f&#233;rence exacte. Foucault, quant &#224; lui, affirme qu&#39;il cite les <italic>Apophtegmes des P&#232;res</italic>, et il me semble en effet qu&#39;il s&#39;agit du texte nr. 295 (au recueil de l&#39;abbaye de Solesmes, rang&#233; dans l&#39;ordre alphab&#233;tique des noms): &#34;Que celui qui veut s&#39;&#233;difier, s&#39;&#233;difie; et que celui qui veut se scandaliser, se scandalise. Mais moi, tout comme je me trouve c&#39;est ainsi que je me pr&#233;sente [&#8230;] Si quelqu&#39;un vient me voir, ne dis rien par convenance humaine, mais si je mange, dis-lui: &#39;Il mange&#39;, et si je dors, dis-lui: &#39;Il dort&#39;&#34;.<xref ref-type="fn" rid="n20">20</xref></p>
<p>Ailleurs (CV, p. 157), en paraphrasant un texte d&#39;Epict&#232;te &#224; propos du philosophe cynique qui &#34;n&#39;a ni maison, ni famille ni foyer ni patrie&#34;, Foucault dit qu&#39;il s&#39;agit d&#39;un texte qu&#39;il a d&#233;j&#224; cit&#233; (&#34;souvenez-vous du texte que je vous citais&#34;, dit-il) et dans la note nr. 12 l&#39;&#233;diteur cite effectivement le texte auquel Foucault fait r&#233;f&#233;rence (<italic>Entretiens</italic>, III, 22, 47&#8211;48). Cependant, le lecteur cherchera en vain cette citation dans ce qui pr&#233;c&#232;de: en effet, c&#39;est la premi&#232;re fois que ce texte est cit&#233; dans <italic>Le courage de la v&#233;rit&#233;</italic>. Il est vrai que plus haut, tr&#232;s exactement &#224; la page 154, Foucault l&#39;a d&#233;j&#224; paraphras&#233; (&#34;C&#39;est pour cela que le cynique [&#8230;] ne pourra avoir ni abri ni foyer ni m&#234;me patrie&#34;), mais l&#39;&#233;diteur n&#39;a pas donn&#233; ici la r&#233;f&#233;rence exacte: le texte qui figure dans la note qui se trouve aussit&#244;t apr&#232;s (c&#39;est la note nr. 5 &#224; la page 154) fait r&#233;f&#233;rence &#224; un autre texte d&#39;Epict&#232;te (<italic>Entretiens</italic> III, 22, 24&#8211;25). La premi&#232;re fois que l&#39;&#233;dition cite v&#233;ritablement ce texte et pr&#233;cise o&#249; il se trouve dans le livre d&#39;Epict&#232;te se pr&#233;sente &#224; la page 157, de sorte que, dans la traduction hongroise, j&#39;ai d&#251; substituer &#34;souvenez-vous du texte que je vous citais&#34; par &#34;c&#39;est un texte auquel j&#39;ai d&#233;j&#224; fait allusion&#34;.</p>
<p>Une note aurait probablement &#233;t&#233; utile lorsque Foucault, apr&#232;s avoir &#233;num&#233;r&#233; &#34;les quatre principes de la pens&#233;e politique grecque&#34; (principe quantitatif, principe de l&#39;isomorphisme &#233;thico-quantitatif, principe de transitivit&#233; politique et enfin principe de la &#34;scansion &#233;thique essentielle entre les bons et les mauvais&#34;, cf. CV, pp. 43&#8211;44), se met &#224; parler de &#34;trois principes&#34; (CV, p. 48) et renvoie au troisi&#232;me principe en l&#39;appelant, cette fois, non pas &#34;le principe de transitivit&#233; politique&#34;, mais &#34;le principe de la r&#233;versibilit&#233; politique&#34; (CV, p. 47). En traduisant, j&#39;ai aussi eu des difficult&#233;s lorsque Foucault &#233;voque S&#233;n&#232;que en le caract&#233;risant ainsi: &#34;voleur et richissime&#34; (CV, p. 237). J&#39;avoue que je n&#39;ai pas pu vraiment cerner ce que Foucault voulait dire en qualifiant S&#233;n&#232;que de &#34;voleur&#34;. J&#39;ai donc traduit le terme tel quel, tout comme les autres traducteurs du <italic>Courage de la v&#233;rit&#233;</italic> (&#34;ladro et ricchissimo&#34; dans la version italienne COV, p. 247; &#34;der Gauner und &#252;beraus reiche Mann&#34; (MW, p. 334) et &#34;an extremely rich swindler&#34; dans les traductions respectivement allemande et anglaise (CT, p. 257) qui insistent n&#233;anmoins sur le suppos&#233; c&#244;t&#233; &#34;fraudeur&#34; de S&#233;n&#232;que, plut&#244;t que &#34;voleur&#34; &#224; proprement parler).</p>
<p>Dernier point &#224; mentionner &#224; propos des r&#233;f&#233;rences manquantes: en analysant la figure du cynique, Foucault fait allusion aux concepts-cl&#233;s du christianisme et montre, notamment, le c&#244;t&#233; &#34;ang&#233;lique&#34;<xref ref-type="fn" rid="n21">21</xref> et &#34;proph&#233;tique&#34;<xref ref-type="fn" rid="n22">22</xref> du cynisme; de m&#234;me, il fait appel au r&#244;le, tr&#232;s important dans l&#39;interpr&#233;tation du cynisme, jou&#233; par le verbe &#34;<italic>marturein</italic>&#34; qui renvoie, par le sens de &#34;t&#233;moigner la v&#233;rit&#233;&#34;, aux premiers martyrs chr&#233;tiens: &#34;Il a souffert, il a endur&#233;, il s&#39;est priv&#233; pour que la v&#233;rit&#233; prenne, en quelque sorte, corps dans sa propre vie, dans sa propre existence, prenne corps dans son corps&#34; (CV, p. 160). J&#39;ai l&#39;impression que le terme d&#39;<italic>episkopos</italic> &#8211; que Foucault &#233;voque plusieurs fois en rapport avec les cyniques &#8211; fait partie de cette s&#233;rie de mots qui renvoient directement au christianisme et lient, de ce fait, la culture cynique avec la culture chr&#233;tienne. En ce sens, il aurait &#233;t&#233; utile d&#39;ins&#233;rer un petit mot pour expliquer l&#39;un des &#34;commentaires&#34; de Foucault sur le mot <italic>episkopos</italic>: &#34;Il sera &#8211; on avait trouv&#233; le mot tout &#224; l&#39;heure &#8211; le <italic>kataskopos</italic> (l&#39;&#233;claireur), ou encore <italic>l&#39;episkopos</italic> (j&#39;allais dire: l&#39;&#233;v&#234;que) du genre humain auquel il [le cynique] s&#39;adresse&#34; (CV, p. 276). Il s&#39;agit en effet &#8211; et certains lecteurs peuvent l&#39;ignorer &#8211; de l&#39;&#233;tymologie du mot fran&#231;ais &#34;&#233;v&#234;que&#34; issu, justement, du latin <italic>episcopus</italic> et du grec <italic>episkopos</italic> qui signifient &#34;surveiller&#34;. Le cynique est donc, en quelque sorte, un &#34;ange&#34;, un &#34;proph&#232;te&#34;, un &#34;martyr&#34; et un &#34;&#233;v&#234;que&#34;; du moins au sens &#233;tymologique des termes.</p>
<p>Finalement, il faut signaler aussi quelques fautes d&#39;orthographe dans la transcription des textes en grec ancien:<xref ref-type="fn" rid="n23">23</xref> &#224; la page 69 on lit &#34;anaibainon&#34; au lieu de la forme correcte &#34;anabainon&#34; (&#945;&#777;&#957;&#945;&#946;&#945;&#953;&#771;&#957;&#969;&#957;); &#224; la page 86 (note 31) on lit &#34;exetesa&#244;s&#34; au lieu de &#34;exetase&#244;s&#34; (&#949;&#777;&#958;&#949;&#964;&#940;&#963;&#949;&#969;&#962;); le mot o&#768;&#948;&#243;&#962; devrait &#234;tre transcrit par &#34;hodos&#34; au lieu de &#34;odos&#34; (CV, p. 191); et enfin la forme exacte de &#34;dikha theous&#34; est, me semble-t-il, &#34;dikha theu&#34; (CV, p. 269).</p>
</sec>
<sec>
<title>5. &#34;Le contexte&#34;</title>
<p>Je ne voudrais mentionner que trois probl&#232;mes mineurs.</p>
<list list-type="order">
<list-item><p>Quand M. Gros renvoie au texte de la le&#231;on du 7 mars, premi&#232;re heure (p. 324, note 26), il s&#39;agit, en r&#233;alit&#233;, de la le&#231;on du 7 mars, deuxi&#232;me heure. Effectivement, Foucault traite les quatre &#34;sens&#34; ou &#34;valeurs&#34; de la v&#233;rit&#233; dans la deuxi&#232;me heure de la le&#231;on du 7 mars. Cette erreur n&#39;a pas &#233;t&#233; corrig&#233;e ni dans la traduction italienne (COV, p. 339), ni dans la version allemande (MW, p. 455), ni anglaise (CT, p. 358).</p></list-item>
<list-item><p>De m&#234;me, lorsque, par rapport &#224; l&#39;interpr&#233;tation foucaldienne du texte d&#39;Epict&#232;te concernant les cyniques (<italic>Entretiens</italic> III, 22), l&#39;&#233;diteur, dans sa note de bas de page, donne comme r&#233;f&#233;rence &#34;Cf. <italic>supra</italic>, le&#231;on du 22 mars, premi&#232;re heure&#34; (CV, p. 325), la forme correcte serait: &#34;Cf. <italic>supra</italic>, le&#231;on du 21 mars, deuxi&#232;me heure&#34;.<xref ref-type="fn" rid="n24">24</xref></p></list-item>
<list-item><p>En parlant des livres contemporains de l&#39;analyse foucaldienne des cyniques, F. Gros mentionne le livre de Peter Sloterdijk et celui d&#39;Andr&#233; Glucksmann (CV, p. 322, note nr. 22). Or, s&#39;il est vrai que l&#39;&#339;uvre du philosophe allemand intitul&#233; <italic>Kritik der zynischen Vernunft</italic> a &#233;t&#233; publi&#233; en 1983, il convient de remarquer que le livre de Glucksmann, intitul&#233; <italic>Cynisme et passion</italic>, strictement parlant, n&#39;est pas contemporain du cours de Foucault, mais il le pr&#233;c&#232;de et il est, en quelque sorte, comme le remarque Foucault lui-m&#234;me,<xref ref-type="fn" rid="n25">25</xref> son pr&#233;curseur: ce texte &#8211; qui, selon Foucault, est une des rares &#233;tudes &#233;crites (&#224; l&#39;&#233;poque) en fran&#231;ais consacr&#233;es au cynisme, &#233;tant donn&#233; que toutes les grandes interpr&#233;tations de la philosophie cynique ont &#233;t&#233; &#233;crites par des savants allemands<xref ref-type="fn" rid="n26">26</xref> &#8211; a &#233;t&#233; publi&#233; trois ans plus t&#244;t, en 1981.</p></list-item>
</list>
</sec>
<sec>
<title>6. L&#39;ironie socratique</title>
<p>Pour finir, une derni&#232;re remarque ou plut&#244;t une question &#224; laquelle je n&#39;ai pas trouv&#233; de r&#233;ponse. En parlant de l&#39;ironie socratique comme &#233;tant la deuxi&#232;me forme du courage de la v&#233;rit&#233; (&#224; c&#244;t&#233; de la &#34;bravoure politique&#34; et du &#34;scandale cynique&#34;), plus pr&#233;cis&#233;ment en r&#233;capitulant l&#39;analyse d&#233;velopp&#233;e plus haut, Foucault dit que l&#39;ironie socratique consiste &#224; &#34;glisser, &#224; l&#39;int&#233;rieur d&#39;un savoir qu&#39;ils ne savent pas qu&#39;ils savent, une certaine forme de v&#233;rit&#233;, qui conduira les hommes &#224; se soucier d&#39;eux-m&#234;mes&#34; (CV, p. 215). Or, plus t&#244;t, quand Foucault analysait l&#39;ironie socratique, il dit que Socrate est &#34;celui qui en sait plus que les autres, du moins en ceci qu&#39;il sait sa propre ignorance&#34; (CV, p. 77). En effet, Socrate sait qu&#39;il ne sait pas, alors que les autres, &#34;que ce soit ces hommes d&#39;&#201;tat ignorants ou ces artisans savants, ont ceci en commun qu&#39;ils croient conna&#238;tre les choses qu&#39;en r&#233;alit&#233; ils ne savent pas&#34;.</p>
<p>Si je comprends bien ce que dit Foucault, l&#39;ironie socratique, c&#39;est un jeu de v&#233;rit&#233; entre, d&#39;une part, Socrate qui sait qu&#39;il ne sait pas et, d&#39;autre part, les autres qui croient poss&#233;der un savoir, qui ne savent donc pas qu&#39;ils ne savent pas. Ainsi, je me demande si l&#39;on ne devrait pas corriger le texte qui se trouve &#224; la page 215 (et qui renvoie aux analyses pr&#233;c&#233;dentes) de la mani&#232;re suivante: il s&#39;agit &#34;de glisser, &#224; l&#39;int&#233;rieur d&#39;un savoir qu&#39;ils ne savent pas qu&#39;ils ne savent pas, une certaine forme de v&#233;rit&#233;, qui conduira les hommes &#224; se soucier d&#39;eux-m&#234;mes&#34;.</p>
<p>Je m&#39;empresse de pr&#233;ciser que je n&#39;ai pas corrig&#233; le texte dans ma traduction hongroise, parce que je n&#39;&#233;tais pas tout &#224; fait fix&#233; sur le sens des paroles de Foucault &#224; cet &#233;gard. Effectivement, on peut se demander ce que serait un savoir humain qui ne sait pas qu&#39;il ne sait pas; mais on peut aussi songer, par exemple, au dialogue socratique intitul&#233; <italic>M&#233;non</italic> o&#249; Platon d&#233;veloppe l&#39;id&#233;e bien connue selon laquelle il y a en tout homme un savoir oubli&#233; qu&#39;il suffit de raviver: &#34;Ainsi, sur les choses m&#234;mes qu&#39;on ignore, on peut avoir en soi des opinions vraies&#34; (<italic>M&#233;non</italic> 85c, trad. fr. de A. Croisset). En ce sens on peut dire &#8211; et qui sait si Foucault ne fait pas allusion ici &#224; cette id&#233;e platonicienne, m&#234;me s&#39;il ne mentionne jamais ce dialogue dans <italic>Le courage de la v&#233;rit&#233;</italic> &#8211; que les hommes ne savent pas ce qu&#39;ils savent. Au demeurant, les autres traducteurs ont laiss&#233;, eux aussi, le texte tel quel et sans commentaire (&#34;Nel caso dell&#39;ironia socratica, si tratta di insinuare, all&#39;interno di un sapere che queste persone non sanno di sapere, una certa forma di verit&#224;&#34;;<xref ref-type="fn" rid="n27">27</xref> &#34;In the case of Socratic irony, it involves introducing a certain form of truth into a knowledge that men do not know they know&#34;)<xref ref-type="fn" rid="n28">28</xref> ou l&#39;ont simplifi&#233;: &#34;Bei der sokratischen Ironie geht es darum, in ein Wissen, dessen sie nicht bewu&#223;t sind, eine gewisse Form der Wahrheit einzuschmuggeln&#34; (MW, p. 304).</p>
<p>J&#39;ai donc moi aussi laiss&#233; le texte tel quel, mais je dois admettre que si je crois comprendre l&#39;interpr&#233;tation foucaldienne de l&#39;ironie socratique telle qu&#39;elle appara&#238;t &#224; la page 77, je ne suis pas s&#251;r que Foucault exprime la m&#234;me id&#233;e &#224; la page 215, qui contient pourtant un renvoi &#224; la premi&#232;re ; de surcro&#238;t, je ne suis pas s&#251;r de bien comprendre ma propre traduction hongroise, qui suit de tr&#232;s pr&#232;s le texte fran&#231;ais et qui est, par ailleurs, identique aux autres traductions. &#8211; Traduire, c&#39;est lire avec une attention particuli&#232;re, mais, parfois, il s&#39;av&#232;re que cette attention particuli&#232;re, au lieu de conduire le traducteur vers une meilleure compr&#233;hension du texte, finit par jeter ce dernier dans une voie sans issue o&#249; il ne rencontre que des questions auxquelles il est bien incapable de r&#233;pondre. Du reste, il semble que ces d&#233;tours et impasses, selon Foucault lui-m&#234;me, font partie int&#233;grante de tout v&#233;ritable acte de traduction &#8211; le traducteur, en ce sens, est comme Socrate qui ne sait rien d&#39;autre que sa propre ignorance; en tout cas, Foucault affirmait volontiers que la v&#233;ritable t&#226;che du traducteur, ce &#34;n&#39;est pas de ramener &#224; soi un sens n&#233; ailleurs; mais de d&#233;router, par la langue qu&#39;on traduit, celle dans laquelle on traduit&#34;.<xref ref-type="fn" rid="n29">29</xref></p>
</sec>
</body>
<back>
<fn-group>
<fn id="n1"><p>Michel Foucault, <italic>Az igazs&#225;g b&#225;tors&#225;ga. &#214;nmagam &#233;s m&#225;sok korm&#225;nyz&#225;sa II. El&#337;ad&#225;sok a Coll&#232;ge de France-ban, 1984</italic>, traduction hongroise de &#193;kos Cseke (<xref ref-type="bibr" rid="B1">Budapest: Atlantisz, 2019 [&#224; para&#238;tre au printemps 2019]</xref>). Cf. Michel Foucault, <xref ref-type="bibr" rid="B8"><italic>Le courage de la v&#233;rit&#233;. Le gouvernement de soi et des autres II. Cours au Coll&#232;ge de France. 1984</italic></xref>, ed. F. Gros (Paris: Seuil/Gallimard, 2009. D&#233;sormais cit&#233;: CV)</p></fn>
<fn id="n2"><p>Michel Foucault, <italic>Le gouvernement de soi et des autres. Cours au Coll&#232;ge de France, 1982&#8211;1983</italic>, ed. F. Gros (<xref ref-type="bibr" rid="B9">Paris: Seuil/Gallimard, 2008</xref>).</p></fn>
<fn id="n3"><p>Michel Foucault, <italic>Histoire de la sexualit&#233; tome IV, Les aveux de la chair</italic>, ed. F. Gros (<xref ref-type="bibr" rid="B5">Paris: Gallimard, 2018</xref>).</p></fn>
<fn id="n4"><p>Michel Foucault, <italic>Der Mut zur Wahrheit. Die Regierung des Selbst und der anderen II. Vorlesung am Coll&#232;ge de France, 1983/1984</italic>, traduction allemande de J&#252;rgen Schr&#246;der (<xref ref-type="bibr" rid="B2">Berlin: Suhrkamp, 2010</xref>. D&#233;sormais cit&#233;: MW); Michel Foucault, <italic>The Courage of the Truth (The Government of Self and Others II). Lectures at the Coll&#232;ge de France 1983&#8211;1984</italic>, traduction anglaise de Graham Burchell (<xref ref-type="bibr" rid="B11">New York: Palgrave Macmillan, 2011</xref>. D&#233;sormais cit&#233;: CT); Michel Foucault, <italic>Il coraggio della verit&#224;. Il governo di s&#233; e degli altri II. Corso al Coll&#232;ge de France (1984)</italic>, traduction italienne de Mario Galzinga (<xref ref-type="bibr" rid="B6">Milano: Feltrinelli, 2016</xref>. D&#233;sormais cit&#233;: COV) Je signale en passant que la traduction du sous-titre pose visiblement un probl&#232;me, &#233;tant donn&#233; que la langue fran&#231;aise ne distingue pas le pluriel et le singulier du mot &#171;cours&#187;: le traducteur anglais dit &#171;lectures&#187; (au pluriel), tandis que les autres traducteurs disent &#171;Vorlesung&#187; et &#171;corso&#187; (au singulier); mais il y a aussi une diff&#233;rence en ce qui concerne la date du cours: s&#8217;agit-il d&#8217;un cours que Foucault a donn&#233; dans l&#8217;ann&#233;e acad&#233;mique 1983&#8211;1984 (comme le sugg&#232;rent les &#233;ditions en langue anglaise et allemande), ou des cours qu&#8217;il a effectivement donn&#233;s de f&#233;vrier &#224; mars 1984, c&#8217;est-&#224;-dire en 1984 seulement (selon l&#8217;&#233;dition italienne)?</p></fn>
<fn id="n5"><p>Michel Foucault, <italic>&#34;Il faut d&#233;fendre la soci&#233;t&#233;&#34;. Cours au Coll&#232;ge de France. 1975&#8211;1976</italic>, ed. M. Bertani, A. Fontana (<xref ref-type="bibr" rid="B7">Paris: Seuil/Gallimard, 1997</xref>).</p></fn>
<fn id="n6"><p>&#34;Je n&#39;ai pas pu commencer comme &#224; l&#39;habitude mon cours au d&#233;but de janvier. J&#39;ai &#233;t&#233; malade, r&#233;ellement malade&#34; (CV, 3).</p></fn>
<fn id="n7"><p>Dans l&#39;&#233;dition du cours de 1982&#8211;1983, &#233;dit&#233; par F. Gros, on lit la m&#234;me formule: &#34;Michel Foucault les r&#233;digeait g&#233;n&#233;ralement au mois de juin, quelque temps donc avant la fin du cours&#34; (Foucault, <italic>Le gouvernement de soi et des autres</italic>, X).</p></fn>
<fn id="n8"><p>Cf. Michel Foucault, <italic>Dits et &#233;crits I. 1954&#8211;1975</italic>, ed. D. Defert, F. Ewald, J. Lagrange (<xref ref-type="bibr" rid="B3">Paris: Gallimard, 2001</xref>), 90.</p></fn>
<fn id="n9"><p>Michel Foucault, <italic>Subjectivit&#233; et v&#233;rit&#233;. Cours au Coll&#232;ge de France (1980&#8211;1981)</italic>, ed. M. Senellart (<xref ref-type="bibr" rid="B10">Paris: Seuil/Gallimard, 2014</xref>), X.</p></fn>
<fn id="n10"><p>Foucault, <italic>&#34;Il faut d&#233;fendre la soci&#233;t&#233;&#34;</italic>, X.</p></fn>
<fn id="n11"><p>&#34;Il principio della vita dissimulata non &#232; articolato direttamente sull&#39;<italic>anaideia</italic>&#34; (COV, 282). &#34;Das Prinzip des verborgenen Lebens wird nicht direkt an die <italic>anaideia</italic> [&#8230;] gebunden&#34; (MW, 384).</p></fn>
<fn id="n12"><p>Cf. COV, 107; CT, 103; MW, 141.</p></fn>
<fn id="n13"><p>Cf. COV, 270: &#34;Dicendo che Eracle libera Prometeo [&#8230;] Dicendo che Eracle ha liberato Prometeo&#8230;&#34;. En allemand: &#34;Und wenn Herakles Prometheus erl&#246;st hat [&#8230;] Wenn Herkules Prometheus erl&#246;st hat&#8230;&#34; (MW, 367). En anglais on lit &#34;By setting Prometheus free Heracles [&#8230;] If Heracles freed Prometheus&#8230;&#34; CT, 282) Pourtant, on lit, &#224; la m&#234;me page, &#34;Hercules&#34; aussi, voir par exemple: &#34;And this hidden, wretched, beggar king accomplishes the various exploits known as the Labors of Hercules&#34; (CT, 282).</p></fn>
<fn id="n14"><p>Pour la relation entre la politique et l&#39;&#233;thique de soi chez le dernier Foucault, voir, entre autres, le livre de D. Lorenzini, <italic>&#201;thique et politique de soi. Foucault, Hadot, Cavell et les techniques de l&#39;ordinaire</italic> (<xref ref-type="bibr" rid="B13">Paris: Vrin, 2015</xref>), surtout 13&#8211;14: &#34;De ce point de vue, tout partage binaire entre politique et &#233;thique s&#39;av&#232;re une pure fiction ou une illusion de perspective [&#8230;] C&#39;est pourquoi nous soutiendrons qu&#39;une &#233;tude &#224; la fois historique et philosophique de ce que Foucault appelle pratique ou techniques de soi m&#233;rite &#234;tre consid&#233;r&#233;e comme une entreprise &#233;thico-politique, puisque les techniques de pouvoir et les techniques de soi, loin de s&#39;exclure mutuellement, interagissent au contraire de mani&#232;re essentielle&#34;.</p></fn>
<fn id="n15"><p>Michel Foucault, <italic>Du gouvernement des vivants. Cours au Coll&#232;ge de France, 1979&#8211;1980</italic>, ed. M. Senellart (<xref ref-type="bibr" rid="B4">Paris: Seuil/Gallimard, 2012</xref>), 8. Il faut remarquer que cette &#233;dition a &#233;t&#233; publi&#233;e trois ans apr&#232;s la parution du <italic>Courage de la v&#233;rit&#233;</italic>.</p></fn>
<fn id="n16"><p>A la page 22, note nr. 33, il me semble que le texte cit&#233; ne provient pas de la <italic>Premi&#232;re philippique</italic>, mais de la <italic>Deuxi&#232;me Philippique</italic>; &#224; la m&#234;me page (note nr. 42) le texte cit&#233; de l&#39;<italic>Apologie de Socrate</italic> est tr&#232;s pr&#233;cis&#233;ment 30e (au lieu de 30b); de m&#234;me, &#224; la page 144, note nr. 31, la derni&#232;re phrase du dialogue se trouve dans 201c (au lieu de 200c).</p></fn>
<fn id="n17"><p>Les traductions cit&#233;es suivent le texte de l&#39;&#233;dition fran&#231;aise. Cf. COV, 119; MW, 157; CT, 116.</p></fn>
<fn id="n18"><p>La traducteur italien et allemand ont suivi l&#39;&#233;dition fran&#231;aise (cf. COT, 94; MW, 129), mais le traducteur anglais a corrig&#233; le texte (cf. la note nr. 38 &#224; la page 86).</p></fn>
<fn id="n19"><p>D&#39;autres noms manquent, par exemple celui de M. Luther que Foucault mentionne pourtant (CV, 228, cf. aussi 327).</p></fn>
<fn id="n20"><p><italic>Les sentences des p&#232;res du d&#233;sert. Collection alphab&#233;tique</italic>, traduit et pr&#233;sent&#233; par D. L. Regnault (<xref ref-type="bibr" rid="B12">Sabl&#233;-sur-Sarthe: Abbaye Saint-Pierre de Solesmes, 1981</xref>), 113. Cf. CV, 291: &#34;Je vous cite, dans les <italic>Apophtegmes des P&#232;res</italic>, un texte qui se r&#233;f&#232;re &#224; l&#39;abb&#233; Th&#233;odore de Pherm&#233; qui, un jour, recevait la visite d&#39;un puissant. [&#8230;] Sommes-nous des esclaves des hommes? Moi, je rencontre les hommes comme je me trouve. Si quelqu&#39;un vient me voir, ne lui r&#233;ponds rien d&#39;humain (<italic>anthr&#244;pinon</italic>). Si je mange, dis-lui: il mange, si je dors, dis-lui: il dort&#34;.</p></fn>
<fn id="n21"><p>&#34;Pour &#234;tre <italic>aggelos</italic>, pour &#234;tre l&#39;ange, pour exercer cette fonction ang&#233;lique, pour exercer cette fonction catascopique d&#39;espion et d&#39;&#233;claireur, il faut bien qu&#39;il soit libre de toute attache&#34; CV, 158. Cf. aussi CV, 154.</p></fn>
<fn id="n22"><p>&#34;Et il [Diog&#232;ne] se pr&#233;sente en disant qu&#39;il est <italic>al&#234;theias kai parr&#234;sias prophet&#234;s</italic> (le proph&#232;te de la v&#233;rit&#233; et de la <italic>parr&#234;sia</italic>, de la v&#233;rit&#233; et de la franchise)&#34; (CV, 155).</p></fn>
<fn id="n23"><p>Je tiens &#224; remercier D&#225;niel Schmal, mon coll&#232;gue &#224; l&#39;Universit&#233; Catholique P&#225;zm&#225;ny P&#233;ter, de m&#39;avoir signal&#233; les fautes d&#39;orthographe que j&#39;&#233;num&#232;re ici. J&#39;ajoute que le traducteur italien souligne lui aussi une faute d&#39;orthographe concernant la transcription du grec ancien: &#34;Nel testo francese leggiamo <italic>diephtarmenon</italic>, ma la trascrizione corretta &#232; invece <italic>diephtharmenon</italic> (da <italic>diaphtheir&#244;</italic>, che vuol dire, appunto, &#39;mando in rovina, rovino, distruggio&#39;)&#34; (COV, 108).</p></fn>
<fn id="n24"><p>Cf. &#34;Cfr. <italic>supra</italic>, lezione del 22 marzo, prima ora&#34; (COV, 339); &#34;Vgl. oben, Vorlesung vom 22. M&#228;rz, erste Stunde&#34; (MW, 456); &#34;See above, lecture of 21 March, first hour&#34; (CT, 358).</p></fn>
<fn id="n25"><p>CV, 178.</p></fn>
<fn id="n26"><p>&#34;Autant que je sache, je ne vois gu&#232;re que dans les textes allemands des r&#233;f&#233;rences &#224; ce probl&#232;me du cynisme dans sa longue dur&#233;e historique&#34; (CV, 164). Cf. aussi CV, 178: &#34;[&#8230;] tr&#232;s manifestement le probl&#232;me, &#224; la fois historique et philosophique du cynisme, a beaucoup pr&#233;occup&#233; les Allemands, du moins depuis la fin de la Seconde Guerre [mondiale]&#34;.</p></fn>
<fn id="n27"><p>COV, 225.</p></fn>
<fn id="n28"><p>CT, 234.</p></fn>
<fn id="n29"><p>Michel Foucault, &#34;Les mots qui saignent&#34;, in <italic>Dits et &#233;crits I</italic>, 454. L&#39;auteur de cet article a b&#233;n&#233;fici&#233; de la bourse &#34;Bolyai&#34; de L&#39;Acad&#233;mie hongroise des sciences.</p></fn>
</fn-group>
<ref-list>
<title>Bibliographie</title>
<ref id="B1"><label>1</label><mixed-citation publication-type="book"><string-name><surname>Foucault</surname>, <given-names>Michel</given-names></string-name>. <source>Az igazs&#225;g b&#225;tors&#225;ga. &#214;nmagam &#233;s m&#225;sok korm&#225;nyz&#225;sa II. El&#337;ad&#225;sok a Coll&#232;ge de France-ban, 1984</source>. <chapter-title>Traduction hongroise de &#193;kos Cseke</chapter-title>. <publisher-loc>Budapest</publisher-loc>: <publisher-name>Atlantisz</publisher-name>, <year>2019</year> [&#224; para&#238;tre au printemps 2019].</mixed-citation></ref>
<ref id="B2"><label>2</label><mixed-citation publication-type="book"><string-name><surname>Foucault</surname>, <given-names>Michel</given-names></string-name>. <source>Der Mut zur Wahrheit. Die Regierung des Selbst und der anderen II. Vorlesung am Coll&#232;ge de France, 1983/1984</source>. <chapter-title>Traduction allemande de J&#252;rgen Schr&#246;der</chapter-title>. <publisher-loc>Berlin</publisher-loc>: <publisher-name>Suhrkamp</publisher-name>, <year>2010</year>.</mixed-citation></ref>
<ref id="B3"><label>3</label><mixed-citation publication-type="book"><string-name><surname>Foucault</surname>, <given-names>Michel</given-names></string-name>. <source>Dits et &#233;crits I. 1954&#8211;1975</source>, ed. <string-name><given-names>D.</given-names> <surname>Defert</surname></string-name>, <string-name><given-names>F.</given-names> <surname>Ewald</surname></string-name>, <string-name><given-names>J.</given-names> <surname>Lagrange</surname></string-name>. <publisher-loc>Paris</publisher-loc>: <publisher-name>Gallimard</publisher-name>, <year>2001</year>.</mixed-citation></ref>
<ref id="B4"><label>4</label><mixed-citation publication-type="book"><string-name><surname>Foucault</surname>, <given-names>Michel</given-names></string-name>. <source>Du gouvernement des vivants. Cours au Coll&#232;ge de France, 1979&#8211;1980</source>, ed. <string-name><given-names>M.</given-names> <surname>Senellart</surname></string-name>. <publisher-loc>Paris</publisher-loc>: <publisher-name>Seuil/Gallimard</publisher-name>, <year>2012</year>.</mixed-citation></ref>
<ref id="B5"><label>5</label><mixed-citation publication-type="book"><string-name><surname>Foucault</surname>, <given-names>Michel</given-names></string-name>. <source>Histoire de la sexualit&#233; tome IV, Les aveux de la chair</source>, ed. <string-name><given-names>F.</given-names> <surname>Gros</surname></string-name>. <publisher-loc>Paris</publisher-loc>: <publisher-name>Gallimard</publisher-name>, <year>2018</year>.</mixed-citation></ref>
<ref id="B6"><label>6</label><mixed-citation publication-type="book"><string-name><surname>Foucault</surname>, <given-names>Michel</given-names></string-name>. <source>Il coraggio della verit&#224;. Il governo di s&#233; e degli altri II. Corso al Coll&#232;ge de France (1984)</source>. <chapter-title>Traduction italienne de Mario Galzinga</chapter-title>. <publisher-loc>Milano</publisher-loc>: <publisher-name>Feltrinelli</publisher-name>, <year>2016</year>.</mixed-citation></ref>
<ref id="B7"><label>7</label><mixed-citation publication-type="book"><string-name><surname>Foucault</surname>, <given-names>Michel</given-names></string-name>. <source>Il faut d&#233;fendre la soci&#233;t&#233;. Cours au Coll&#232;ge de France. 1975&#8211;1976</source>, ed. <string-name><given-names>M.</given-names> <surname>Bertani</surname></string-name>, <string-name><given-names>A.</given-names> <surname>Fontana</surname></string-name>. <publisher-loc>Paris</publisher-loc>: <publisher-name>Seuil/Gallimard</publisher-name>, <year>1997</year>.</mixed-citation></ref>
<ref id="B8"><label>8</label><mixed-citation publication-type="book"><string-name><surname>Foucault</surname>, <given-names>Michel</given-names></string-name>. <source>Le courage de la v&#233;rit&#233;. Le gouvernement de soi et des autres II. Cours au Coll&#232;ge de France. 1984</source>, ed. <string-name><given-names>F.</given-names> <surname>Gros</surname></string-name>. <publisher-loc>Paris</publisher-loc>: <publisher-name>Seuil/Gallimard</publisher-name>, <year>2009</year>.</mixed-citation></ref>
<ref id="B9"><label>9</label><mixed-citation publication-type="book"><string-name><surname>Foucault</surname>, <given-names>Michel</given-names></string-name>. <source>Le gouvernement de soi et des autres. Cours au Coll&#232;ge de France, 1982&#8211;1983</source>, ed. <string-name><given-names>F.</given-names> <surname>Gros</surname></string-name>. <publisher-loc>Paris</publisher-loc>: <publisher-name>Seuil/Gallimard</publisher-name>, <year>2008</year>.</mixed-citation></ref>
<ref id="B10"><label>10</label><mixed-citation publication-type="book"><string-name><surname>Foucault</surname>, <given-names>Michel</given-names></string-name>. <source>Subjectivit&#233; et v&#233;rit&#233;. Cours au Coll&#232;ge de France (1980&#8211;1981)</source>, ed. <string-name><given-names>M.</given-names> <surname>Senellart</surname></string-name>. <publisher-loc>Paris</publisher-loc>: <publisher-name>Seuil/Gallimard</publisher-name>, <year>2014</year>.</mixed-citation></ref>
<ref id="B11"><label>11</label><mixed-citation publication-type="book"><string-name><surname>Foucault</surname>, <given-names>Michel</given-names></string-name>. <source>The Courage of the Truth (The Government of Self and Others II). Lectures at the Coll&#232;ge de France 1983&#8211;1984</source>. <chapter-title>Traduction anglaise de Graham Burchell</chapter-title>. <publisher-loc>New York</publisher-loc>: <publisher-name>Palgrave Macmillan</publisher-name>, <year>2011</year>.</mixed-citation></ref>
<ref id="B12"><label>12</label><mixed-citation publication-type="book"><source>Les sentences des p&#232;res du d&#233;sert. Collection alphab&#233;tique</source>. Traduite et pr&#233;sent&#233; par <string-name><given-names>D. L.</given-names> <surname>Regnault</surname></string-name>. <publisher-loc>Sabl&#233;-sur-Sarthe</publisher-loc>: <publisher-name>Abbaye Saint-Pierre de Solesmes</publisher-name>, <year>1981</year>.</mixed-citation></ref>
<ref id="B13"><label>13</label><mixed-citation publication-type="book"><string-name><surname>Lorenzini</surname>, <given-names>Daniele</given-names></string-name>. <source>&#201;thique et politique de soi. Foucault, Hadot, Cavell et les techniques de l&#39;ordinaire</source>. <publisher-loc>Paris</publisher-loc>: <publisher-name>Vrin</publisher-name>, <year>2015</year>.</mixed-citation></ref>
</ref-list>
</back>
</article>